Micro-crédits

Les femmes jouent un rôle essentiel dans la vie économique et sociale de la société malienne. Depuis très longtemps, elles  sont organisées en groupements coopératifs d’entraide. La caisse de ces associations est utilisée pour diverses dépenses d’intérêt général. Elle sert aussi de caisse de solidarité, en cas de maladie grave par exemple. Enfin, elle permet aussi de faire des prêts avec intérêts aux membres de l’association qui peuvent ainsi gagner de l’argent, par exemple en achetant du coton pour le filer ou en faisant du commerce de détail. Chaque femme mariée doit en effet, dans la société rurale malienne, prendre elle-même en charge nombre de dépenses de la famille : vêtements, médicaments, fournitures scolaires, etc…

 

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Depuis 2006, notre association consent des microcrédits à des associations de femmes de la région de Douentza au Mali. Le principe en est le suivant : les prêts sont faits sans intérêts mais nous demandons en contrepartie que les intérêts versés par les femmes qui empruntent à la caisse de leur association soient capitalisés afin de nous rembourser, ce qui permet à l’association des femmes de constituer progressivement des fonds propres.

 

 

L’association « les Déesses » de Douentza a été la première à avoir bénéficié d’un microcrédit de « Villages Dogons » en 2006. Leur réussite est impressionnante : elle a remboursé en cinq ans notre prêt initial de 500 000 francs CFA (762 €), et elles disposaient en février 2011 d’un capital de 885 000 francs CFA (1 349 €) qu’elles vont continuer à faire fructifier. 

 

 Le microcrédit de 400 000 francs CFA (610 euros) octroyé il y quatre ans à l’association des teinturières de Koumbé fonctionne également très bien. Cet argent leur sert à acheter des bandes de coton qu’elles cousent pour confectionner des pagnes qu’elles teignent avec de l’indigo. Elles utilisent de la teinture naturelle, qu’elles fabriquent elles-mêmes avec les feuilles d’un arbre (l’indigotier) et qu’elles mélangent avec de la teinture industrielle qui tient plus longtemps. Le coût d’un bidon de soixante litres est actuellement de 270 000 francs CFA (422 euros). Grâce au microcrédit, l’activité de l’association des teinturières s’est beaucoup développée. Elles ont déjà pu nous rembourser un total de 220 000 francs CFA (335 euros).

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La réussite de l’association « Tinaré », dont les membres font du commerce de détail, est tout aussi remarquable. Quatorze mois après leur avoir prêté 300 000 francs CFA (457 euros), elles avaient déjà versé 186 000 francs CFA (284 euros) d’intérêts à leur caisse ! Nous leur avons proposé en février 2011 de différer leur premier remboursement pour augmenter ainsi leur capital car leur association compte trente-trois membres et la somme actuellement en caisse ne permet pas de satisfaire toutes les demandes de prêts.

L’association des femmes de Bom continue son activité d’embouche (achat de chèvres pour les engraisser et les micro-credit-1prevendre). Elle a pu nous faire un deuxième remboursement de 20 000 francs CFA (30,50 euros) sur les 100 000 francs CFA que nous lui avons prêtés il y a trois ans.

L’association des femmes de Guénébana a également bien fonctionné avec les 100 000 francs CFA prêtés il y a trois ans. 30 000 francs (45,73 euros) d’intérêts se sont ajoutés l’an passé aux 34 000 francs CFA (51,83 euros) de 2009 et un remboursement de 50 000 francs CFA a pu ainsi nous être fait en 2010.

Bien sûr ces succès ne passent pas inaperçus à Douentza et les demandes de microcrédits reçues par Moussa, notre représentant à Douentza, sont nombreuses. Les associations de femmes s’adressent d’autant plus à « Villages Dogons » qu’il n’y a, à Douentza, aucune ONG  qui octroie des microcrédits sans intérêts.

En 2011, nous avons ainsi rencontré sept nouvelles associations de femmes : l'association des femmes du village de Gamni, l’association « Faïda » (« les élégantes »), « l’association des femmes unies pour le progrès de Douentza », l’association « Ben Kan » (« ce qui est convenu »), l’association « Baba-hou Condey », l’association « Sabouniouma » et l’association « Neema Melloukia ». Ces associations comptent de vingt à soixante-dix membres et sollicitent des prêts de 300 000 francs CFA (457 euros) à 2 000 000 francs CFA (3 050 euros) pour diverses activités : petit commerce, embouche, couture, teinture.

Villages Dogons s'est donc engagé davantage dans cette voie. Un prêt de 500 à 1 000 euros représente une somme relativement faible par rapport au coût d’un puits ou d’une école alors que ses retombées économiques et sociales sont grandes. Les femmes membres d’une association bénéficiant d’un microcrédit gagnent en autonomie financière. Elles affirment ainsi leur statut au sein de la famille – notamment vis-à-vis de leur mari – et plus généralement dans la société malienne.

Lors de notre assemblée générale du 30 septembre dernier, il a été décidé de proposer aux adhérents et sympathisants de Villages Dogons de parrainer une association de femmes en l’aidant à l’aide d’un microcrédit. La durée du prêt correspond au temps nécessaire aux femmes pour rembourser la somme prêtée avec un maximum de cinq ans. Chaque prêt a la caution de Villages Dogons qui s’engage à rembourser le prêteur même si l’association de femmes était défaillante. Chaque parrain (ou marraine) recevra par notre intermédiaire des informations régulières sur l’association de femmes qu’il (elle) soutient.

En deux mois 25 prêts ou dons d'un montant dépassant 3 500 euros ont été recueillis et ont été répartis entre six microcrédits qui ont commencé à fonctionner dès novembre 2011.

 
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