Projets

La multinationale ALUFER prépare depuis plusieurs années l’extraction de la bauxite avec le projet Bel Air Mining situé dans la préfecture de Boffa, à 150 km au nord de Conakry et 15 km de la côte du Golfe de Guinée. La première phase prévoit l’extraction de 5 millions de tonnes de bauxite par an.

dakhagbe 1

Alors que l’exploitation doit commencer dans quelques mois, l’inquiétude des habitants de Dakhagbé ne cesse de croître. Ils craignent en effet que ce projet minier cause la mort de leur village. Une partie de leurs terres cultivables et de leurs arbres fruitiers vont en effet être accaparés par ALUFER qui leur propose une indemnisation dérisoire de 522 000 000 francs guinéens (environ 50 000 euros), soit 4 euros par habitant !.

Les villageois redoutent également la pollution de leur eau et la destruction de leur environnement. Ils savent ce qui se passe actuellement à Boké, à quelques dizaines de kilomètres de leur village, où le va et vient incessant d’énormes camions-bennes non bâchés disperse la poussière de bauxite dans les champs et les cours d’eau. Les nuisances et les problèmes occasionnés par l’exploitation de la bauxite autour de cette ville sont d’ailleurs à l’origine de 2 jours de manifestations et d’émeutes les 25 et 26 avril derniers faisant 2 morts et des dizaines de blessés.

dakhagbe 2 dakhagbe 3

Les habitants de Dakhagbé ont écrit le 9 octobre dernier à ALUFER pour lui demander d’engager une concertation qui permette d’étudier comment limiter les nuisances et comment compenser la perte de leurs terres (lien vers la lettre à ALUFER). Cette société n’a pas daigné leur répondre jusqu’à présent. Copie de cette lettre a été envoyée au Premier Ministre ainsi qu’au ministre des Mines et de la Géologie (lien vers la lettre au premier ministre). A ce jour, seul le courrier adressé au Ministre des Mines et de la Géologie a eu une suite avec une entrevu le 24 octobre dernier, entre une délégation villageoise et le Directeur Général chargé des Relations Communautaires et du Développement du Contenu Local, Monsieur Néné Moussa Maléya CAMARA, qui a promis de se rendre prochainement sur place.

Les villageois ont décidé d’écrire au Président de la Guinée, ALPHA CONDE, pour solliciter sa protection et lui demander d’user de son autorité pour qu’ALUFER accepte une véritable concertation (lien vers la lettre à Alpha Condé).

Le projet voté lors de notre assemblée générale de septembre 2015 est l’aménagement d’une piste carrossable partant de la dune de Koumbé au pied de la falaise pour arriver aux villages de Panga situés à une dizaine de kilomètres sur le plateau dogon. Les habitants des villages concernés travaillent depuis une vingtaine d'années à la réalisation de cette piste qui est d'une grande importance pour le développement économique de la zone.

piste 1Depuis 2003, ils nous ont demandé notre aide à maintes reprises mais, considérant que l'ampleur du projet dépassait nos moyens, nous avions refusé. Ils ont continué, seuls, travaillant plusieurs mois chaque année à la construction de cette piste. En 2015, Moussa a pu gravir la dune avec son Toyota 4 x 4, mais il a constaté que certains passages n'étaient par franchissables par son véhicule. Pour terminer la piste il restait quelques obstacles que les moyens techniques des villageois ne leur permettaient pas de résoudre. C'est dans un contexte que notre association a décidé de donner le coup de pouce final.

piste 2

Une centaine d’habitants des villages avoisinants travaillent sur le chantier. Hommes et femmes transportent sur leur tête le sable et le gravier, nécessaires à la préparation du béton, qu’ils vont extraire dans les environs. Il faut aussi faire monter la falaise aux sacs de ciment et aux fers qui sont entreposés en bas. Sept ouvriers de l’entreprise de Moussa s’activent également sur le chantier : deux maçons, deux ferrailleurs et trois manœuvres. 

piste 3Des passages ont été élargis à la dynamite et plusieurs dalles en béton ont été coulées dans les endroits trop rocailleux pour être carrossables. Des arbustes ont été plantés pour stabiliser l’immense dune qui constitue pour la piste le premier obstacle à franchir quand on part de la plaine. Deux versements de 10 000 euros et 13 500 euros  ont déjà été envoyé à Moussa pour le financement des travaux.

Ambilem est un village de quelque 1 200 habitants situé sur le plateau dogon et qui fait partie de la commune rurale de Tedjé. Depuis Douentza, il faut d'abord une heure de 4 x 4 par une piste très difficile pour aller jusqu'au pied de la falaise. Là on peut découvrir, pendant la saison « fraîche » (de décembre à mars), les jardins maraîchers cultivés par les villageois. Il faut ensuite une petite heure de marche pour grimper jusqu'au village.

ambilemA partir de janvier, femmes et enfants doivent aller chercher l'eau à Ambagolo, situé à une heure de marche du village. Des puits sont creusés dans le lit d'une rivière asséchée et approfondis au fur et à mesure que la nappe phréatique baisse avec l'avancée de la saison sèche. Ces puits provisoires sont détruits chaque année par la rivière qui réapparaît pour quelques mois à chaque saison des pluies.
Les villageois ont essayé de creuser un puits à proximité du village. Ils ont travaillé pendant trois ans à la barre à mine pour atteindre une profondeur de 24 mètres où ils ont été bloqués par une roche trop dure pour leur outillage. Ils n'ont pas atteint la nappe phréatique permanente et ce puits, très dangereux, ne fournit plus, en février, que 4 à 5 seaux d'eau chaque matin pour tarir complètement à partir de mars.
L'ONG Aqua Viva a réalisé en 1986 un forage où l'eau devait être remontée d'une profondeur de 40 mètres avec une pompe manuelle. Comme tous les forages de ce type, celui-ci est rapidement tombé en panne. Après avoir été réparé plusieurs fois aux frais des villageois, la pompe s'est retrouvée définitivement hors d'usage.
Un second forage a été financé par l'Union Economique et Monétaire Africaine fin 2007. Il a rapidement connu le même sort que le premier et il est maintenant hors d'usage.

Le projet, voté à notre assemblée générale de septembre 2014, est de creuser un puits citerne  à côté du second forage où le niveau statique de l’eau est à 33 mètres de profondeur. Les travaux ont commencé fin 2015, après la récolte de mil, et 29 mètres ont été creusés jusqu'en juin 2016 avant un premier arrêt des travaux avec l'arrivée des pluies. Ils ont repris fin 2016. Ce projet est le plus coûteux de tous ceux financés par Villages Dogons. 41 530 euros sont prévus pour creuser les 40 mètres nécessaires. Nous avons reçu une aide importante du Conseil Régional d’Ile-de-France qui nous a octroyé 12 500 euros de subvention. La Ville de Montmagny contribue quant à elle pour un montant de 1 000 euros. Le solde de 28 030 euros est pris en charge par Villages Dogons.