Projets

La multinationale ALUFER prépare depuis plusieurs années l’extraction de la bauxite avec le projet Bel Air Mining situé dans la préfecture de Boffa, à 150 km au nord de Conakry et 15 km de la côte du Golfe de Guinée.

La première phase prévoit l’extraction de plus de 5 millions de tonnes de bauxite par an. L’exploitation doit commencer dans quelques mois et l’inquiétude des habitants de Dakhagbé est grande. Ils craignent en effet que ce projet minier cause la mort de leur village. Une partie de leurs terres cultivables et de leurs arbres fruitiers vont en effet être accaparés par ALUFER qui leur a proposé une indemnisation dérisoire de 522 000 000 francs guinéens (environ 50 000 euros), soit 40 euros par habitant.

Les villageois redoutent également la pollution de leur eau et la destruction de leur environnement. Ils savent ce qui se passe actuellement à Boké, à quelques dizaines de kilomètres de leur village, où l’extraction de la bauxite et le va et vient incessant d’énormes camions-bennes dispersent la poussière de bauxite dans les champs et les cours d’eau. Les nuisances et les problèmes occasionnés par l’exploitation de la bauxite autour de cette ville sont d’ailleurs à l’origine de manifestations qui ont causé plusieurs morts et des dizaines de blessés.
VILLAGES DOGONS soutient ADD (Association pour le développement de Dakhagbé) dans son combat depuis l’an passé. Nous nous sommes rendus en Guinée deux fois, en octobre 2017 et en mars 2018. Des courriers ont été adressés à ALUFER et aux autorités guinéennes (Premier Ministre, Ministre des Mines), une distribution de tracts a eu lieu en novembre dernier lors de la venue à Paris du Président de la République de Guinée, Alpha CONDÉ, un article a été publié dans un journal de Conakry en février , une rencontre a lieu avec le Directeur Général des Relations Communautaires au Ministère des Mines, des courriers et des mails ont été échangés avec la Préfète de Boffa et les villageois ont fini par barrer l’accès de leurs terres à ALUFER.
Toutes ces actions ont abouti à une première victoire avec un rendez-vous réunissant la Présidente d’ADD, le Président du district, le Président de VILLAGES DOGONS, plusieurs villageois et des représentants d’ALUFER le vendredi 23 mars 2018 dans le bureau de la Préfète de BOFFA. Plus de trois heures de discussions ont permis d’exposer les revendications des villageois et d’enclencher le processus de négociations.

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Le projet voté lors de notre dernière assemblée générale de septembre 2015 est l’aménagement d’une piste carrossable partant de la dune de Koumbé au pied de la falaise pour arriver aux villages de Panga situés à une dizaine de kilomètres sur le plateau dogon. Les habitants des villages concernés travaillent depuis une vingtaine d'années à la réalisation de cette piste qui est d'une grande importance pour le développement économique de la zone. Depuis 2003, ils nous ont demandé notre aide à maintes reprises mais, considérant que l'ampleur du projet dépassait nos moyens, nous avions refusé. Ils ont continué, seuls, travaillant plusieurs mois chaque année à la construction de cette piste.

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En 2015, Moussa a pu gravir la dune avec son Toyota 4 x 4, mais il a constaté que certains passages n'étaient par franchissables par son véhicule. Pour terminer la piste il restait quelques obstacles que les moyens techniques des villageois ne leur permettaient pas de résoudre. C'est dans un contexte que notre association a décidé de donner le coup de pouce final. Une centaine d’habitants des villages avoisinants travaillent sur le chantier depuis décembre dernier. Hommes et femmes transportent sur leur tête le sable et le gravier, nécessaires à la préparation du béton, qu’ils vont extraire dans les environs. Il faut aussi faire monter la falaise aux sacs de ciment et aux fers qui sont entreposés en bas.

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Sept ouvriers de l’entreprise de Moussa s’activent également sur le chantier : deux maçons, deux ferrailleurs et trois manœuvres. Deux radiers en béton, l'un de 3 mètres de large, l'autre de 30 mètres, ont été réalisés : ils permettront à l’eau de traverser la piste pendant la saison des pluies sans la raviner. Deux passages ont été élargis à la dynamite et plusieurs dalles en béton, totalisant une longueur de 150 mètres, ont été coulées dans les endroits trop rocailleux pour être carrossables. Enfin, des arbustes seront plantés au début de la prochaine saison des pluies pour stabiliser l’immense dune qui constitue pour la piste le premier obstacle à franchir quand on part de la plaine.

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La plus grande partie du tronçon pied de la falaise-village de Guénébana est maintenant carrossable. Toutefois, les travaux s’avèrent beaucoup plus importants que prévus et le chiffrage initial de 12 000 euros devra être largement dépassé pour terminer la piste.

Ambilem est un village de quelque 1 200 habitants situé sur le plateau dogon et qui fait partie de la commune rurale de Tedjé. Depuis Douentza, il faut d’abord une heure de 4 x 4 par une piste très difficile pour aller jusqu’au pied de la falaise. Là on peut découvrir, pendant la saison « fraîche » (de décembre à mars), les jardins maraîchers cultivés par les villageois. Il faut ensuite une petite heure de marche pour grimper jusqu’au village.
Ambilem 1 A partir de janvier, femmes et enfants doivent aller chercher l’eau à Ambagolo, situé à une heure de marche du village. Des puits sont creusés dans le lit d’une rivière asséchée et approfondis au fur et à mesure que la nappe phréatique baisse avec l’avancée de la saison sèche. Ces puits provisoires sont détruits chaque année par la rivière qui réapparaît pour quelques mois à chaque saison des pluies.

Les villageois ont essayé de creuser un puits à proximité du village. Ils ont travaillé pendant trois ans à la barre à mine pour atteindre une profondeur de 24 mètres où ils ont été bloqués par une roche trop dure pour leur outillage. Ils n’ont pas atteint la nappe phréatique permanente et ce puits, très dangereux, ne fournit plus, en février, que 4 à 5 seaux d’eau chaque matin pour tarir complètement à partir de mars.

L’ONG Aqua Viva a réalisé en 1986 un forage où l’eau devait être remontée d’une profondeur de 40 mètres avec une pompe manuelle. Comme tous les forages de ce type, celui-ci est rapidement tombé en panne. Après avoir été réparé plusieurs fois aux frais des villageois, la pompe s’est retrouvée définitivement hors d’usage.
Un second forage a été financé par l’Union Economique et Monétaire Africaine fin 2007. Il a rapidement connu le même sort que le premier et il est maintenant hors d’usage.
Ambilem 2 Le projet, voté à notre assemblée générale de septembre 2014, est de creuser un puits citerne à côté du second forage où le niveau statique de l’eau est à 33 mètres de profondeur. Les travaux ont commencé au quatrième trimestre 2015 et 36 mètres ont été creusés avant l’arrêt provisoire des travaux en juin 2017 avec l’arrivée des pluies.
Il ne reste sans doute que quelques mètres à creuser. Les travaux vont bientôt reprendre et le puits devrait être terminé avant l’été.
Ce projet est le plus coûteux de tous ceux financés par Villages Dogons. 41 530 euros sont prévus pour creuser les 40 mètres nécessaires. Nous avons reçu une aide importante du Conseil Régional d’Ile-de-France qui nous a octroyé 12 500 euros de subvention. La Ville de Montmagny contribue quant à elle pour un montant de 1 000 euros. Le solde de 28 030 euros est pris en charge par Villages Dogons.